Mardi 8 avril 1980: Premier jour de l’occupation de l’université de Tizi-Ouzou

A Tizi-Ouzou, une assemblée générale, très dense (plus de 1000 étudiants étaient présents) décide à l’unanimité la grève générale illimitée avec occupation des locaux jusqu’à satisfaction de leur programme de revendication (enseignement du berbère…) et la libération de tous les détenus (à cette heure on notait encore un enseignant et 4 ou 5 étudiants de Tizi-Ouzou parmi les 20 détenus d’Alger).

L’AG structure un puissant comité anti-répression tripartite, d’environ 65 membres (plus de 20 étudiants, plus de 20 enseignants, et une vingtaine de travailleurs de l’université). Il se subdivise en 4 commissions permanentes : information et coordination, animation culturelle et vigilance, relations extérieures officielles (avec la wilaya, la police etc.), relations extérieures non officielles (presse, autres universités etc.). L’après-midi, une première délégation du Comité anti-répression se rend chez le wali, pour porter le texte de l’Appel à la Libération des détenus, qui constituait le premier texte déclaratif du Comité anti-répression. Le wali donne des assurances verbales quant à la libération de tous les Tizi-ouziens, exceptés des gens comme About Arezki supposés appartenir à des organisations subversives. Le soir, les étudiants de Tizi-Ouzou mettent en place les piquets de vigilance tout autour de l’université occupée, où flottent de multiples banderoles.

A Alger, entre llh30 et 16h30, on assiste à une tentative de marche à l’extérieur, en direction du Commissariat central. Mais le cortège de 700 à 800 personnes est rapidement coupé en deux, en face du café « Le Névé ». Les manifestants se regroupent alors à l’intérieur de l’université et effectuent un « sit-in » prolongé, face aux deux entrées de l’université en criant des slogans à la foule, en vue de faire libérer leurs camarades. Les étudiants sont surexcités et ne cessent leur manifestation que vers 16h30 après que la police eut relâché absolument tout le monde.

La presse officielle, et en particulier El Moudjahid, s’illustre dans une campagne de calomnies et de mensonges à l’égard du mouvement universitaire.

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