Jeudi 10 avril 1980: troisième jour d’occupation

À Alger, il apparaîtrait que le mouvement s’essouffle et même se divise (entre grévistes et non grévistes, Kabyles et Arabes etc.).

La tentative de pétition chez les enseignants d’Alger connaît une réussite très variable, suivant les instituts. En Sciences Eco, c’est assez faible, avec 10 ou 12 signatures, mais de nombreux instituts sont impliqués, si bien qu’on arrive peut-être à 70-80 signatures, y compris des chercheurs de l’ONRS.

A Tizi-Ouzou, vers 14 heures, le wali tente de réaliser un meeting de soutien au pouvoir central, sur la place de la mairie ; par la coercition et le bluff, il réussit à ramener 2000 personnes environ (dont les ouvriers agricoles arabophones de Dellys etc.) Les velléités de contre-manifestation de la part des étudiants sont stoppées par le comité anti-répression qui avait préféré faire distribuer des tracts d’information à la population pour expliquer la situation.

Au Centre universitaire, en fin d’après-midi, une conférence de presse est donnée par le comité anti-répression en présence d’Alain Meynargues de France Inter, ainsi que du correspondant de l’agence de presse espagnole EFE. Là encore, on insiste beaucoup sur le caractère « non berbériste » du mouvement ainsi que sur la revendication des libertés d’expression, etc.

On apprend par ailleurs, qu’à Bab-Ezzouar, les étudiants ayant tenté d’afficher la tenue de meetings, dans l’enceinte de la gare SNTF, se sont vu interdire cela par la gendarmerie et même interpellés.

En faisant le point sur les arrestations, on s’aperçoit que trois détenus sont alors maintenus en prison : About Arezki, le laborantin, est depuis dix jours à Blida ; quant aux autres, il s’agit de l’infirmier de Dellys, Naït Abdallah et du technicien de Aït Douala, Chemime Amokrane.

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