Lundi 14 avril 1980: ceptième jour de l’occupation

A partir de ce jour (et provisoirement) El Moudjahid, baisse un peu le ton à l’égard du mouvement universitaire, puisqu’on n’y trouve plus les nombreux « messages de soutien » provenant des Kasmates FLN de la Wilaya et indiquant en fait où s’étaient déroulées les manifestations.
A 9h30, le ministre arrive, accompagné du conseiller Dj. Labidi ; de deux syndicalistes de la FTEC et du SNESUP (dont Hachemi Chérif). Il est admis à l’intérieur de l’Université occupée, en compagnie du wali et de son chef de cabinet, du chef de secteur de l’ANP, du commissaire national du Parti ainsi que d’un correspondant d’El Moudjahid à Tizi et du recteur accompagné du secrétaire général de l’Université. En revanche, les services de sécurité accompagnant le ministre sont exclus de l’enceinte universitaire.

L’assemblée générale se tient devant environ mille personnes (étudiants, travailleurs et enseignants). En fait, le bilan de ce contact est plutôt nul ou négatif. Bererhi a essayé de circonscrire le problème dans le dilemme « pour ou contre la Charte et les institutions ? ».
Comme la veille, face aux enseignants il parle des « harkis », qui ont brûlé le drapeau algérien à Oued Amizour. En fait, unanimement, la communauté universitaire décide la confirmation du mouvement, estimant n’avoir rien obtenu du ministre. Vers 14h30, Hachemi Chérit, S. G. de la FTEC et son compagnon du SNESUP reviennent discrètement après le départ du ministre, et tiennent une discussion de deux heures avec deux ou trois enseignants qu’ils essaient de sonder politiquement avec des question du style « avec qui comptez vous lutter ? ».

Ces syndicalistes jouent aussi sur l’intoxication en affirmant qu’un groupe armé avait attaqué un village agricole socialiste du côté de Tamda, les femmes avaient été violées, etc., tout ça au nom du mouvement ! (sic /…). Le soir, on assiste à une espèce de climat de semi-victoire chez les étudiants qui affichent trop vite un certain triomphalisme. Des étudiants vont même jusqu’à demander « à quand la reprise des cours ? ».

Il s’en suivra même une certaine démobilisation puisque dans la nuit du 14 au 15 il n’y a pratiquement plus personne à la vigilance autour de l’Université ; il n’y a au total que trois enseignants de permanence et ils ont toutes les peines du monde à refouler le provocateur Merabtène qui est venu complètement saoul annoncer qu’ils reprendront le travail le lendemain, menaçant les travailleurs du COUS grévistes…

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