Jeudi 17 avril 1980: dixième jour d’occupation

A 10 heures à Tizi-Ouzou, arrive une délégation de la CNE de l’UNJA qui prétend se désolidariser du texte du secrétariat national de l’UNJA. Par ailleurs, on nous confirme le maintien de la détention à Blida du groupe de quatre musiciens « Yougourthen ». On apprend d’autre part que l’Académie poursuit la grève avec occupation en raison de l’arrestation, la veille, de l’un de ses employés transportant des tracts. On commence à parler de manifestations à Batna, Khenchela, Arris ? Mascara, Oran, Cherchell (avec insistance).

L’AG se tient vers 11 heures et adopte le télex de réponse au ministre, lequel ironiquement déclare que les seuls absents de l’Université sont les recteurs, secrétaire général et directeurs du COUS.

On assiste à de nombreuses interventions de travailleurs dont un ancien moudjahid connu. D’autre part encore on apprend que Ferhat aurait une fois de plus été arrêté.
L’après-midi, on assiste au retour de Hachemi Chérif (FTEC) qui s’évertue à composer (récupérer) avec les enseignants durant près de cinq heures.

L’après-midi également a lieu un cours assez intéressant sur la langue berbère. Parallèlement, une conférence de presse s’est tenue en présence de :

- un journaliste d’El Moudjahid (Fodil Ourabah) qui prétend avoir bataillé durant six heures avec sa rédaction pour pouvoir couvrir Tizi ;

- le correspondant de l’AFP qui nous fait part (en aparté) de son inquiétude sérieuse ;

- un journaliste du Matin de Paris.

Tous font le bilan de la situation, les journalistes étrangers s’inquiètent de la répression plus particulièrement (véracité au sujet du mort d’Azazga ?).
Le soir, le discours de Chadly à 20h30 déclare qu’il était honteux d’agir comme agissaient les gens de Tizi-Ouzou, jette quelque peu le désarrois sur la communauté universitaire. La nuit est même assez pénible en raison de la démobilisation (à peine cent cinquante étudiants sur la place, quelques rares enseignants), et c’est un peu la panique avec l’intoxication lancée par les agents de la S.M. sur une prise d’assaut dans la nuit à 3 heures du matin. Dans la nuit, un groupe d’enseignants rédige d’urgence le texte d’un appel aux intellectuels.

Ce soir du jeudi 17 on commence à ressentir sérieusement des contradictions entre certains étudiants et les travailleurs (dont les enseignants). Des étudiants remettent en cause la participation de l’Université au Comité populaire de coordination. Il y a même des altercations assez violentes entre un enseignant assez extrémiste (verbalement) et des étudiants. Des étudiants ont même tenté de s’opposer au tirage de tracts (par ailleurs tapés autre part) des hospitaliers et des commerçants.

Laisser une réponse